La plongée, un sport ouvert à tous

Le club de plongée de Vichy-Bellerive est le plus important du département de l’Allier. Moulins, Lapalisse, Saint-Pourçain,… De nombreux irréductibles de ce sport n’hésitent pas à faire une heure de route pour venir s’entraîner au bassin aquatique de Bellerive.

Le club, anciennement le Yacht Club de Vichy, fête ses 25 ans d’existence. Celui qui comptait au départ une quarantaine de membres, accueille aujourd’hui en son sein 150 plongeurs. En cinq ans, l’effectif a augmenté de 40%. Une évolution qui n’est pas près de s’affaiblir. « Certaines personnes étaient même placées sur liste d’attente par manque de places », affirme Michel Bianchi, l’ancien président du club.  En effet, la plongée, qui était auparavant réservée aux militaires et aux forces de l’ordre, se démocratise de plus en plus. Une popularisation que soutient Noël Pernette, l’actuel président du club. Il souhaite favoriser l’accessibilité de ce sport à quiconque. La plongée est encore estampillée d’une image pour le moins négative et elle reste qualifiée de sport onéreux.  « Nous voulons permettre à n’importe quelle personne de plonger. C’est pourquoi nous emmagasinons un important matériel  au club », rappelle le président. La politique du club se veut donc conviviale, participative et égalitaire.

Sur les 150 membres, un quart a passé des diplômes d’enseignement. « C’est vraiment une activité à plein temps. Pour ma part, je gère une vingtaine de personnes qui sont intéressées par l’apnée », déclare Cédric Moreau, un moniteur du club depuis près de 20 ans. Tous ces amoureux des fonds marins peuvent s’entraîner jusqu’à deux fois par semaine au stade aquatique de Bellerive. Et après s’être préparés physiquement et techniquement, les plongeurs effectuent de nombreuses sorties chaque année. Ils se rendent à l’étang de Thau près de Sète, aux calanques de Marseille et même en Espagne pour les quatre jours de l’ascension. Des expéditions qui contribuent à souder les membres entre eux et qui restent le final tant attendu de tout plongeur. Pour Michel Bianchi, la plongée sous-marine reste une discipline très apaisante : « Quand on ressort d’une plongée, on est détendu. On respire mieux. Mais cela reste un sport physique ».

Le club de Vichy-Bellerive se porte donc à merveille et maintient coûte que coûte son autosuffisance. Le président, qui a des projets plein la tête, compte le développer dans les années à venir. Une section enfants de 8 à 14 ans va certainement voir le jour (si le club trouve un créneau horaire correspondant à la demande). De plus, certains moniteurs du club se forment au handisport. Noël Pernette a une réelle  volonté de vulgariser la plongée en Auvergne. Ce qui est tout à son honneur.

J’ai testé pour vous… la plongée !

Je suis arrivée au stade aquatique de Bellerive, un peu stressée, je dois l’avouer. N’ayant jamais plongé, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Mais l’accueil très chaleureux des membres du club a très vite fait redescendre ma tension. Après avoir enfilée mon maillot de bain retrouvé au fin fond d’un tiroir (hiver oblige), je me dirige vers la piscine avec les autres plongeurs. Ces derniers sont venus en nombre ce soir, près de quarante ont répondu à l’appel. C’est Michel, dit « Frisette », ancien président du club, qui est mon initiateur. Il me donne des palmes, un gilet puis un masque. « Il faut qu’il épouse parfaitement la forme de ton visage pour que l’eau ne rentre pas », me dit-il. Je bois ses paroles.  « Frisette » ramène ensuite des bouteilles d’oxygène au bord de l’eau. Surprise par leur importante taille, je lui demande leur poids : « 15kg chacune ». Je hoche la tête sans trop montrer mon inquiétude. Il faut dire que je n’ai pas vraiment la carrure d’un rugbyman… Je m’imagine, déjà, emportée par la masse des bouteilles au fond de la piscine.  Une image terrifiante. Ayant remarqué mon angoisse, Michel me lance : « Mais tu verras dans l’eau, on ne sent plus le poids ». Me voilà à moitié rassurée.

Le matériel prêt, mon initiateur du jour m’explique les procédures à suivre, les signes pour communiquer dans l’eau, les choses à ne pas faire… « Si on descend bas et que d’un coup tu remontes en catastrophe, tes poumons peuvent exploser », me lance-t-il. Sur le coup, j’ai peur. Mais il me précise que ce phénomène ne se produit pas à moins de six mètres de profondeur. Ouf… Trêve de bavardages, il est temps de rentrer dans le feu de l’action. Je rentre dans l’eau, légèrement froide, j’enfile le gilet surmonté de la bouteille d’oxygène. Le masque sur le nez, les cheveux en arrière, je mets le détenteur dans ma bouche. Il paraît que c’est le moment le plus délicat pour tout novice en la matière : respirer pour la première fois sous l’eau à l’aide d’une bouteille d’oxygène.

Je suis les commandements de Michel et j’immerge ma tête. Bon, ce n’est pas si compliqué que ça… Alors, on commence à faire quelques longueurs. Je plonge, toujours accompagné de mon initiateur en cas de problème. La bouteille d’oxygène, si lourde soit-elle, complique un peu mon immersion. J’ai du mal à rester à plat, tant le poids des cylindres me fait virevolter dans tous les sens. Alors après avoir fait quelques tours sur moi-même, j’arrive à me stabiliser avec l’aide de Michel. Et là, je comprends enfin pourquoi autant de personnes se pressent aux portes de ce club. Je me sens légère. Une réelle sensation de liberté m’envahit. Et il est vrai que je ne sens plus les 15kg de matériel présents sur mon dos. Même si mes oreilles me font un peu mal, je prends beaucoup de plaisir sous l’eau. J’observe  les autres nageurs, la structure du bassin. On a vraiment le temps d’apprécier l’environnement qui nous entoure. Bon ici, ce n’est qu’une simple piscine de trois mètres de fond, pas de quoi jubiler ! Malgré tout, je ne voulais plus la quitter : « Allez Michel, encore un aller-retour ». Après avoir passé une bonne heure dans le bassin, qui s’était petit à petit vidé de ses plongeurs, il fallait que l’on sorte. Cette expérience fut très agréable. Je ne regrette pas de m’être jetée à l’eau !

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C2C, 9 ans après

Les C2C, quadruples champions du monde de turntablism ont sorti à la fin janvier, un premier EP : « Down the Road ». Les quatre Nantais (Pfel, Atom, 20Syl et Greem) réunis depuis près de 14 ans ont attendu 9 ans avant de sortir un tel opus sous le label On and On Records.

Le « turntablism » ce mot imprononçable qui pourrait presque paraître grossier n’est en réalité rien de plus malsain qu’un genre musical. Pour les plaintes linguistiques c’est Dj Babu (membre du groupe de rap californien Dilated Peoples) qui est à blâmer puisque c’est lui qui a inventé ce terme en 1995. Contrairement à l’exécution, le principe est assez simple. Prendre une platine, le plus souvent deux, et utiliser les sons gravés sur le vinyle pour inventer une nouvelle musique. A la manière d’un artiste qui fabriquerait un meuble en récupérant de vieux matériaux déjà utilisés, les djs créent de nouvelles compositions en utilisant la musique des autres. Du « mélo-recyclage » en somme.
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Les C2C sont la référence française en la matière. Ils ont remporté en 2003, 2004, 2005 et 2006 la compétition internationale : The DMC Team Champs (un genre de championnat du Monde de turntablism par équipe). Mais depuis 2003, contrairement aux Birdy Nam Nam, les Nantais n’avaient sorti aucun disque. DJ Atom explique ceci de manière très pragmatique :

« En fait ce n’est pas l’envie qui manquait, mais plutôt le temps. Après notre dernier titre en 2006, on s’est concentré sur Beat Torrent pour Pfel et moi, et Hocus Pocus pour Greem et 20syl. Il a fallu le temps de boucler un premier cycle pour ces deux projets qui ont plutôt pas mal marché avant de se remettre sur C2C. »

En effet, ces musiciens polyvalents œuvrent au sein d’autres groupes de renommée. S’il fallait les étiqueter, Hocus Pocus ferait dans le rap jazzy et Beat Torrent dans l’électro. Il est cependant inexact de réduire chacune de ces deux formations à un seul genre, et après tout ce n’est pas important. Il paraîtrait logique que C2C soit une somme de ces deux projets et que l’on puisse identifier qui apporte quoi dans ce collectif, mais Atom préfère nuancer :

«On peut voir C2C comme une synthèse de ces deux projets en effet, mais les idées et les inspirations se croisent beaucoup plus que ça. Pour les compositions, on part souvent d’une base « écrite» par l’un ou l’autre et on la retravaille à plusieurs. Dans ce projet, l’avis de chacun a le même poids dans la création des morceaux. »

Le clip de F.U.Y.A : watch?v=yXI5BRkPIj8

Après avoir fait patienter leurs fans toutes ces années, les quatre compères délivrent un EP de 6 titres à travers lesquels ils expriment leurs différentes influences. Les platinistes nantais (c’est le mot français pour turntablists, aucun lien avec le bon vieux Platoche) ne se fixent pas de cadre artistique précis et c’est précisément ce qui fait la variété et la richesse de ce « mini » album. Dans une interview accordée au site spécialisée 90bpm.net, Dj Greem aborde la diversité de cet opus :

«Dans notre EP, il y a six titres qui alternent entre le blues-électro, la soul, voire le hip-hop avec le morceau « Someday ». Le titre Arcade est lui un peu hip-hop électro dans les rythmiques tandis que F.U.Y.A est plus inspiré par la musique de films, notamment Ennio Morricone, et avec des références à Cinématic orchestra (…) C’est un choc de musique organique, électronique, avec notre patte qui donne un fil conducteur à toutes ces influences. Ceux qui nous suivaient ne devraient pas être dépaysés. C’est un peu une version 2.0 de ce qu’on faisait aux DMC. »

Le son développé dans cet album est si original qu’il est difficile de le rapprocher à ce que d’autres artistes proposent ni de le comparer. Le meilleur moyen de cerner la « patte » dont parlait Greem, c’est de télécharger légalement le morceau « F.U.Y.A » sur le site du label On and On Records. L’EP y est également en téléchargement (payant celui-ci, n’exagérons rien ). En ce qui concerne l’album, il faudra patienter encore quelques mois, sa sortie étant en effet prévue pour la fin de l’été. En revanche la tournée de ce futur album bat son plein et s’annonce plutôt chargée. Les plus motivés pourront les voir jouer avec les disques et la vidéo sur la scène du Double Mixte de Villeurbanne le 8 avril pendant le festival Reperkusound.

En tout cas, bien qu’ils se soient mis « une pression énorme » comme le dit Greem, les ex-Coups2Cross semblent, au vu de l’accueil du public et de la fréquence de leurs passages radio, avoir atteint leur objectif de « faire du scratch en restant audible et sans que ce ne soit un gros truc de geeks».

Quelques liens :

Écoute gratuite de l’Ep sur Deezer
Téléchargement gratuit de « F.U.Y.A » sur le site d’On and On Records
D’autres turntablists : Dj Kentaro (Jap), Scratch Bandit Crew (Fr), Dj Vajra (Fr),

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Jihad, de Casa à Clermont

Le soleil vient juste de se coucher et c’est par une nuit bleutée que Jihad Boulaakoul ouvre la porte de son appartement et celle de son intimité. Une chaleureuse poignée de main et un large sourire effacent très vite la fraîcheur de cette soirée d’hiver clermontois. Confortablement installé dans son canapé, il se prête avec décontraction au jeu des questions qui révèleront la personnalité cachée derrière cette bonne humeur communicative.

Une photo avant que Jihad n'enfile son costume de basketteur

Jihad découvre la France et Clermont-Ferrand depuis quelques mois maintenant. C’est le 26 août qu’il a foulé, pour la première fois, le sol français de l’aéroport Saint-Exupéry de Lyon. La première fois, pas exactement mais il n’en parlera que plus tard. Ce jeune marocain étudie le commerce et la gestion à l’ESC (Ecole supérieure de Commerce) de Clermont-Ferrand. C’est dans le cadre d’un échange avec l’ENCG (Ecole Nationale de Commerce et de Gestion) de Settat qu’il a été invité, sélectionné parmi de nombreux candidats, à venir finir son Master dans l’école clermontoise de commerce. C’est dans cette ville, située à une soixantaine de kilomètres de Casablanca, qu’il a effectué ses trois premières années d’études supérieures. Pourquoi a-t-il tant tenu à intégrer cette école ? Après explication cela devient évident :

« Cet échange nous permet de finir nos deux dernières années à l’ESC de Clermont-Ferrand et d’en sortir avec un double diplôme. Ceci représente un réel atout face aux recruteurs marocains. »

Mais malgré cette apparente insouciance, Jihad prend très au sérieu ce passage en Auvergne. C’est un véritable « sacrifice » que sa famille concède afin de permettre au brillant étudiant d’enrichir son parcours :

« Mes parents ont fait le choix d’investir sur mon éducation, un réel sacrifice pour eux. C’est un choix que peu de famille font au Maroc, parfois par manque de volonté, souvent par manque de moyens. »

A chaque instant, il garde à l’esprit que c’est un devoir pour lui de réussir, pour son avenir bien sûr, mais également pour honorer les efforts de ses parents. Il serait aisé de penser qu’avec un père avocat le financement des études à l’étranger de ce casablancais de naissance, ne pose aucun problème. Mais manifestement, c’est tout le contraire. La différence entre les niveaux de vie et les monnaies respectives des deux pays rendent la tâche très ardue. Les exigences, notamment financière, de l’OFII (l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration) ont, elles aussi, compliqué l’expatriation de ce jeune marocain. Il a fallu mettre à disposition sur un compte bloqué, l’ensemble des 6000€, garants de son autonomie annuelle aux yeux de l’État. Néanmoins le défi est relevé, et reste un véritable moteur pour Jihad. Ce sont donc les études qui l’ont mené en France, mais le choix de la ville de Clermont-Ferrand, lui, trouve son origine ailleurs.

C’est dans le sport, plus précisément dans le basketball, que la raison de sa présence dans le Puy-de-Dôme finit de s’éclaircir. C’est également grâce à la balle orange que cet ancien joueur de la sélection junior du royaume chérifien, avait découvert la France une première fois. L’émotion transparaît clairement dans sa voix lorsqu’il évoque cette tournée durant laquelle il rencontrait différentes équipes françaises et foulait alors le sol du Nord de l’Hexagone. En 2010, il a croisé lors du tournoi international de Casablanca, une sélection représentant la ville de Clermont-Ferrand :

« J’ai gardé contact avec plusieurs joueurs, et l’entraîneur de l’équipe vainqueur du tournoi. Je leur ai fait part de l’éventualité de venir étudier à Clermont, et je les ai sentis enthousiastes à l’idée de m’accueillir. Cela m’a vraiment fait plaisir, et a fait pencher la balance du côté de cette ville.»

Pour lui, évoluer dans un championnat national en Europe était un rêve d’adolescent. Dès ses débuts à l’âge de 13 ans, il s’est fixé cet objectif. Maintenant qu’il l’a atteint, il regarde de l’autre côté de l’océan, en direction des Etats Unis et de leur célèbre championnat universitaire : la NCAA (National Collegiate American Association). Conscient des difficultés pour obtenir la bourse d’études qui serait le passeport pour cette ambition, il garde motivation et détermination pour forcer le destin. Quand il évoque ce sujet, le sourire de Jihad disparaît. Un visage grave et des sourcils froncés témoignent de toute la volonté qui l’anime.

Jihad se dresse sur ses longues jambes, il interrompt le CD du groupe Nass El Ghiwan et prépare son sac pour l’entraînement. Après ce rituel, c’est sur le chemin que l’entretien se poursuit.

Caché sous son bonnet, il profite du trajet pour imaginer sa vie dans le futur :

« Mon projet a toujours été d’aller le plus loin possible dans mes études et dans le sport. Mon rêve est de travailler dans un cabinet d’audit ou de conseil, dans une des quatre plus grosses entreprises du Maroc. Bien sûr, je souhaite indiscutablement continuer à jouer au Basketball et atteindre le niveau professionnel un jour ! »

L’échange se finit dans le vestiaire de l’Amicale Laïque des Écureuils Montferrandais. L’heure est venue de saluer le joueur de Nationale 3. La rencontre avec Jihad, accueillant et loquace, s’impose en exemple de ce que la volonté et l’abnégation permettent de viser. Rendez-vous pris pour une nouvelle discussion. Dans deux ans, c’est peut-être en joueur professionnel qu’il répondra aux questions de Vichy Actu !

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Faites vos jeux, rien ne va plus !

Faites vos jeux, rien ne va plus !

Les jeux de hasard et d’argent sont un véritable phénomène de société aujourd’hui. Selon un rapport du Sénat, 20% des Français jouent de façon régulière et 62% au moins une fois par an. Ce secteur économique ne connaît pas la crise. Vichy, attirant chaque année de nombreux touristes, n’échappe pas à cette tendance avec ses casinos et son hippodrome. Quelle place tiennent ces jeux dans la ville thermale ?

Depuis quelques années, le groupe Partouche possède deux casinos à Vichy : un premier au Grand Café (classé 92ème établissement le plus important de France en 2007) et un autre aux 4 Chemins. Ces établissements rivalisent d’imagination pour attirer les Vichyssois et les curistes. Dès 10 heures, les joueurs peuvent accéder aux machines à sous. L’accueil est chaleureux. Le personnel met des viennoiseries à la disposition des clients. « Vous pouvez vous servir, c’est gratuit ». Dès l’entrée, tout est étudié pour que les joueurs restent des heures entières. Stratégie imparable ! Il y a tout à l’intérieur des casinos : à boire, à manger… Inutile d’arrêter de jouer pour se restaurer. Les deux établissements possèdent même un restaurant et un bar. Des animations (concerts, thés dansants…) et des événements spéciaux (soirées vendredi 13, Saint-Valentin, Mardi Gras…), annoncés par de nombreuses campagnes publicitaires, ont lieu toute l’année pour se constituer une nouvelle clientèle.

« Nos joueurs n’ont pas besoin de publicité pour venir. Ils savent où est la porte ! ». Un employé explique que le casino compte de nombreux habitués. Dès l’ouverture de nombreuses personnes, pour la plupart des personnes âgées, sont déjà là et s’installent devant des machines à sous. « Je viens régulièrement. Généralement je joue entre 100 et 150 euros. Cela m’occupe et j’espère toujours gagner un peu d’argent », c’est ainsi que Michelle, 68 ans, vient fréquemment dépenser une partie de sa retraite. Mais elle n’est pas la seule. Aux tables de jeux, devant la roulette, toutes les classes sociales et toutes les catégories de personnes se côtoient : les plus pauvres, les plus riches, les plus jeunes, les plus âgées. Les casinos constituent de véritables melting-pots. « Même s’il y a beaucoup de femmes âgées qui viennent, il y a aussi des jeunes. Il y a des RMIstes mais aussi des personnes avec beaucoup de moyens ».

Un employé du casino explique que le casino marche bien car « l’espoir ne connaît pas la crise ». Les établissements vichyssois ne subissent pas de baisse de fréquentation parce qu’ils « vendent du rêve ». « Les joueurs espèrent toujours gagner pour améliorer leur vie ou pour avoir une sensation d’adrénaline ». Les vendredis 13 sont donc des jours de forte affluence : « les gens sont très superstitieux ».

Pourtant, à Vichy, les casinos dépendent aussi des curistes, comme beaucoup d’autres commerces. « En été, lorsque les curistes reviennent, il y a beaucoup plus de monde ». Les casinos servent de distraction nocturne pour les touristes (souvent étrangers) de passage en ville. L’hiver est donc la période où il faut trouver de nouvelles idées pour pallier ce « manque ».

C’est donc en novembre dernier que le casino du Grand Café a organisé son premier tournoi de poker. Une centaine de joueurs se sont affrontés pendant deux jours. En misant sur ce jeu à la mode, l’établissement a pu acquérir une certaine renommée. Alors, Vichy, nouvelle ville du jeu ?

Loto, jeux de grattage…

Inutile d’aller jusqu’au casino pour jouer de l’argent. Les différents points de vente de la Française des Jeux sont accessibles à tous. Il suffit d’aller au bureau de tabac le plus proche pour en trouver. De plus, même si la législation interdit la vente de jeux de grattage aux mineurs, la réalité est bien différente. Généralement, aucune pièce d’identité n’est demandée à l’achat ce qui permet de viser un public plus large et forcément plus jeune. Cette pratique est beaucoup moins encadrée que celle des casinos.

Selon un commerçant vichyssois, « la vente des tickets de loto et de tous les autres jeux à gratter augmente avec la crise ». L’appât du gain devient donc plus important en cette période. « Plus les gens sont stressés, plus ils fument et jouent de l’argent ». La crise semble donc être bénéfique pour la Française des jeux et ses différents points de vente.

Les chevaux aussi, ça rapporte !

Si les jeux d’argent les plus connus se jouent majoritairement dans les casinos ou s’achètent au comptoir des bureaux de tabac, les courses de chevaux ont également du succès. Et c’est une aubaine pour les parieurs auvergnats, l’hippodrome de Vichy-Bellerive est réputé dans le milieu.

Historique

Les premières courses à Vichy datent du 19ème siècle. Cela fait donc plus de 100 ans que l’hippodrome accueille chevaux, jockeys, drivers, entraîneurs et grooms (comme les lads, ce sont des personnes chargées de prendre soin des équidés). Création de Grands Prix à fortes dotations, festival de trot, grande semaine du galop… L’été dernier, certains grands noms du milieu, comme le jockey de galop Christophe Soumillon étaient encore au rendez-vous. L’hippodrome de Vichy ne manque pas d’attractivité pour les professionnels du milieu, ce qui entraîne forcément une augmentation du nombre de joueurs.

Turfiste

Depuis 1988 et l’informatisation, les turfistes (parieurs sur les courses) sont de plus en plus nombreux. Contrairement à ceux qui jouent aux jeux d’argent traditionnels, le parieur est motivé par l’appât du gain, bien sûr, mais il est aussi souvent passionné de chevaux et adepte de la presse spécialisée dans le domaine hippique. Les paris sportifs n’ont pas été touchés par la crise de 2008, au contraire. D’après le site internet kuzeo.com, les 10 400 points de vente PMU en France génèrent près de 660 millions d’euros par an. Si les paris hippiques sont accessibles à tous, on note quand même quelques disparités sur le mode de pari : les joueurs les moins favorisés parient majoritairement en ligne, alors que les strates huppées préfèrent se rendre directement sur les hippodromes pour assurer leur statut social.

Selon Equidia.fr, le joueur « type » est un homme de 45 ans qui parie surtout sur les courses de trot. Le cheval continue d’attirer la gente féminine, puisque 20% des parieurs hippiques sont en fait des femmes, un pourcentage bien plus élevé qu’au poker et autres paris sportifs.

Et vous, jouez-vous aux jeux d’argent ?

Marie, 22 ans

« Je ne joue

pratiquement pas. Je n’aime pas gaspiller mon argent ! Je n’ai jamais de chance, alors ce serait jeter l’argent par les fenêtres ! »

Joceline, 58 ans

«  Je suis assez superstitieuse alors je joue au loto le vendredi 13. Après, l’été j’aime bien aller voir les courses à l’hippodrome. Je ne parie pas à chaque fois mais quand je le fais c’est plus pour le spectacle ! »

André, 47 ans

« Quand j’achète mon journal, je prends souvent des jeux à gratter ou un ticket de loto. Je ne le dis pas tout le temps à ma femme, mais si un jour je gagne, elle sera bien contente ! »

Benjamin, 34 ans

« Le casino, c’est une grande passion ! Le bruit des pièces qui tombent de la machine est incomparable. Autrement, je joue souvent au poker avec des amis… mais j’essaie de ne pas parier de trop grosses sommes d’argent. »

Laura Morel et Domitille Viaud

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Des livres, deux étudiantes, un blog…

Shoparoundtheco, c’est le nouveau rendez-vous littéraire sur Internet. Critiques de livres, photos de bibliothèque, lieux sympas pour lire, marque-pages design… Tous les bons plans sont réunis sur une seule et même adresse Internet. Rencontre avec les créatrices du blog, deux jeunes filles branchées lecture.

Manon et Laurie sont étudiantes en sciences du langage, à Clermont-Ferrand. Elles ont 23 ans. Le 22 janvier 2012, elles décident de créer un blog littéraire, pour pouvoir, par la suite, postuler à des masters édition ou métiers du livre. « L’objectif premier est d’acquérir de l’expérience dans le  milieu littéraire , et puis d’agrandir notre culture générale. Nous voudrions recevoir des conseils sur les articles que l’on propose, voir si les gens sont convaincus ou pas par les critiques.

Et ça fait toujours un petit plus sur le CV ! Nous espérons aussi que ça fera un peu pencher la balance pour l’entrée en Master. »

Partager ses lectures, découvrir celles des autres, échanger avec les internautes par le biais des commentaires… Voila ce qui leur plaît le plus dans shoparoundtheco.

De nombreux livres y sont présentés. « Nous choisissons selon nos envies de lecture, et nos coups de cœur (lus il y a quelques mois ou années), parfois des livres imposés en cours », expliquent-elles, Nous n’avons pas encore de demandes ou de suggestions d’articles, donc pour le moment, nous faisons suivant nos désirs. »

Pour les articles, elles travaillent chacune de leur côté, mais se mettent toujours d’accord avant de publier quoi que ce soit. Elles mettent un point d’honneur à être toujours, l’une et l’autre, sur un pied d’égalité.

Et malgré le temps que ça prend, le blog n’empiète pas sur leurs études. Elles ne s’inquiètent pas de la réaction des lecteurs, quand bien même les articles viendraient à se raréfier. « Les gens doivent savoir que tenir un blog est rarement l’activité principale de celui ou celle qui le tient. La plupart du temps, les bloggeurs ont un travail à côté ou sont étudiants, quelque soit le domaine du blog », raconte Manon. Laurie, quant à elle, estime que « tant que c’est un plaisir, il faut continuer ».

Le côté technique, c’est Virgil, le petit ami de Manon, étudiant en informatique, qui s’en est chargé. « Il nous a conseillé de le faire par WordPress, où il avait déjà un nom de domaine. C’est pour ça que « virginweb » apparaît dans l’adresse, à la place de wordpress. »

Le nom du blog est issu du film Vous avez un message, avec Tom Hanks et Meg Ryan. L’actrice y tient une librairie pour enfant intitulée Shop around the corner.

Si les articles sont si variés, c’est pour attirer le plus de lecteurs possibles.  « Il n’y a pas que des critiques de livres, mais aussi des articles photos et des articles plus personnels comme ceux de « wish list », mais toujours dans l’esprit et l’idée de recevoir en retour l’avis des gens, de partager. »

Si vous êtes fans de lecture ou de bibliothèques insolites, si vous pensez que la littérature ce n’est pas juste les œuvres classiques, ou simplement si vous vous ennuyez… shoparoundtheco sait divertir et conseiller. Un site qui vaut le détour.

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Un éléphant aperçu dans le Vieux Montferrand !

Situé au cœur du Vieux Montferrand, au 12 de la rue Kléber, la Maison de l’Eléphant est une construction romane qui doit son nom à une fresque murale représentant un éléphant polychrome.

Classée Monument Historique depuis 1862, la Maison de l’Eléphant a sans doute été édifiée dans un premier temps au XIIème siècle, puis a subi des modifications du XIVème au XIXème siècle, destinées à la transformer en habitation. Cette construction appartient à l’art roman, mais évoque déjà la manière gothique.

A propos de l’origine de son nom, plusieurs versions existent :

1-      cette maison devait appartenir à un marchand ayant eu l’occasion de faire quelques voyages vers l’Orient. La présence de riches négociants dans la cité était facilitée par la charte libérale instaurée par la comtesse Brayère, dite comtesse G. personnalité influente de Montferrand. On tient aussi pour possible que le pachyderme ne soit qu’une partie d’une fresque autrefois beaucoup plus importante.

2-      Mais une autre hypothèse avance que ce nom viendrait de l’olifant qui annonçait l’arrivée d’un visiteur de marque. L’olifant est une sorte de cor de grande dimension, fabriqué à partir d’une défense d’éléphant.

Ce lieu unique et chargé d’histoire, actuellement propriété de la Ville, est disponible en location pour accueillir animations, expositions, spectacles ou concerts. Le festival de musique classique Les Meltiques de Montferrand en décembre dernier s’y est justement en partie déroulé.

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« L’art ne s’est jamais aussi bien vendu »

A Vichy, près du parc des Sources, les amateurs d’art et les collectionneurs peuvent  s’arrêter à  la galerie  « Tournesols Art Gallery « . Depuis onze ans, le marchand d’art, Yann Bertheas, expose et vend des œuvres contemporaines internationales. Les toiles et sculptures sont  signées par des peintres de renommée, tels que Ben, Robert Combas ou Peter Klasen.

En poussant les portes de la galerie, nous pénétrons dans un univers à part. Des tableaux imposants ornent les murs blancs de ce vaste espace de 600 m ². Sous les lumières suspendues, nous apercevons des toiles où jaillissent des personnages fantasmagoriques, d’autres laissent simplement  entrevoir des visages et des corps. Parfois, seuls quelques mots apparaissent sur un fond noir. Nous découvrons l’art contemporain.

Qu’est ce qu’un marchand d’art ?

Un marchand d’art finance toutes ses affaires. Il achète les œuvres de grands peintres internationaux et les revend. « A l’étranger, on appelle cela le « art dealer »  », précise Yann Bertheas. Il peut avoir des contrats d’exclusivité avec des artistes et acheter toutes leurs productions. Il peut également financer les créations de jeunes virtuoses. C’est un commerçant. « L’argent est un outil dans ce travail. Il fait vivre nos artistes », ajoute-t-il. Il ne faut pas confondre le marchand d’art avec le galeriste. En effet, le galeriste travaille souvent avec des œuvres en dépôt contrairement au marchand d’art.

« Les Tournesols »

Cela fait  35 ans que  l’espace « les Tournesols » existe. Au départ, il n’y avait qu’une seule galerie, à Saint-Etienne. Aujourd’hui, trois  galeries supplémentaires ont ouvert leurs portes : une se situe à Roanne, une autre à Vichy et un second espace a été créé à Saint-Etienne. Il s’agit d’une entreprise familiale. « Je suis la deuxième génération de marchand d’art, mon père est un grand marchand qui travaille dans notre galerie à Saint-Etienne. Et il y aura une troisième génération », explique le marchand d’art.

Yann Bertheas est âgé de 42 ans. Il a fait des études d’Histoire de l’art. A 21 ans, il commence à travailler au côté de ses parents. Puis, il devient le responsable de la galerie à Vichy en 2001. « Depuis que j’ai sept ans environ, je côtoie l’art, je rencontre des artistes. J’ai donc appris à aimer cet univers. C’est un métier obsessionnel qui demande un grand investissement personnel »

Des artistes internationaux sont dévoilés dans l’espace vichyssois. Des expositions temporaires alternent avec des expositions permanentes. La peinture contemporaine et urbaine est mise à l’honneur. « Elle est le miroir de notre société », résume Yann Bertheas. Nous pouvons découvrir les œuvres de Philippe Pasqua, représentant des aveugles, des trisomiques ou des transsexuels. Il peint essentiellement des portraits et tente d’exprimer la lutte entre ce qui est montrable et ce qui est socialement occulté. Dans une pièce voisine, les toiles de Robert Combas surprennent par leurs innombrables couleurs. Plus loin, nous découvrons le tableau « Vanidad » d’Olivier Devignaud. Immense, aux couleurs voyantes, il représente une tête de mort. Les peintures du célèbre Ben sont également exposées. Enfin, plusieurs toiles de Spark sont accrochées et révèlent des personnages de bandes-dessinées et de publicités.

Un commerce lucratif

Le marché de l’art est très porteur et ne semble pas connaître la crise. Yann Bertheas exporte les œuvres de ses artistes à travers l’Europe. La Suisse, l’Italie, la Belgique mais surtout l’Angleterre achètent beaucoup de tableaux aux marchands français. « L’art ne s’est jamais aussi bien vendu. J’ai la chance d’avoir des clients fidèles qui achètent de nombreuses toiles », confie Yann Bertheas. En province, la concurrence n’est pas très importante. Le marché de l’art se concentre surtout dans la région parisienne. Depuis quelques années, les acheteurs ont rajeuni. Beaucoup ont entre 20 et 45 ans. Ce ne sont pas tous de riches collectionneurs. Certains sont artisans, d’autres sont des jeunes qui viennent de trouver un emploi. Ils sont avant tout des amateurs d’art, prêt à débourser une certaine somme d’argent pour posséder une toile d’un grand maître. « Les œuvres les moins chères sont aux alentours de 1000 euros », précise le marchand d’art.

Et lorsque l’on demande à Yann Bertheas ce qu’il pense de la commercialisation de l’art, sa réponse est sans appel : « l’art est fait pour être acheté. Si l’on n’achète pas d’objets d’art, l’artiste n’existe plus. »

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« L’escrime, une activité intellectuelle »

Rencontre avec Jean-Paul Chevalier, entraîneur d’escrime au club de Vichy. Celui qu’on appelle également le maître d’armes nous raconte sa fierté d’enseigner la discipline et son parcours. Un parcours qui l’a notamment amené à travailler avec le célèbre Claude Carliez, connu pour avoir réglé des scènes d’actions dans des films comme OSS 117, La Folie des grandeurs ou encore La Grande Vadrouille.

Jean-Paul Chevalier, comment êtes vous devenu maître d’armes ?

Mon parcours dans l’escrime est intimement lié à ma carrière militaire. Il faut savoir que le cursus militaire est à l’origine du sport en France. Ma vocation étant d’enseigner le sport, j’ai commencé comme moniteur dans l’armée de l’air. J’ai découvert l’escrime en 1980 et je n’ai depuis pas arrêté. Il faut dire qu’en tant que militaire, nous avions quelques facilités sur le plan physique. Un maître d’armes des armées se devait être complet. Parce qu’au bout de deux mois si ça ne marchait pas, on était viré. J’ai terminé ma carrière en 1990 dans l’aviation, ce qui m’a ensuite permis d’être directeur de la maison des jeunes à Vichy. Puis j’ai intégré le service des sports de la ville pour devenir, depuis 1991, entraîneur du club d’escrime.

Si vous deviez résumer l’escrime ?

L’escrime c’est déjà deux disciplines bien particulières. C’est d’abord l’escrime sportive, celle de la compétition. Et ensuite l’escrime artistique. Cette dernière a progressivement été acceptée comme septième arme (après le fleuret, l’épée et le sabre; hommes et femmes). L’escrime artistique est devenue une entité de travail, de passion et aussi source de résultats. Les lettres de noblesse de cette discipline se sont écrites à Vichy, où le premier championnat de France a été organisé en 1995. Avant les années 2000, j’ai été à l’initiative des premiers championnats du monde, à Vichy toujours. La mise en scène avait été réalisée par Claude Carliez, mon parrain d’escrime artistique. Il y a également eu plusieurs championnats de France et de championnats de maîtres d’armes. Vichy est un pôle d’organisation énorme.

Venons-en au club de Vichy, quelle est son histoire ?

Nous avons travaillé jusqu’en national. Voire même en international, puisque nous avons fait des coupes du monde. A partir du moment où on a des élèves qui marchent bien, on peut rapidement espérer rejoindre un circuit international. On fonctionne comme au tennis avec le classement ATP. On peut rejoindre des grandes compétitions uniquement en étant régulier toute l’année, en engrangeant des points. Il faut acquérir une certaine notoriété. Depuis trois ans à Vichy nous avons mis en place une nouvelle politique visant à nous faire progresser. Nous avons réussis à remonter dans la première moitié de classement. Nous avons eu quelques podiums, et même réussi à placer quelques jeunes dans les dix premiers juniors.

En 2011-2012, comment se porte le club ?

C’est probablement notre plus mauvaise année au regard des possibilités que l’on avait. Nous avons eu pépin sur pépin. Notamment une minime qui a du être hospitalisée tout le mois de janvier, alors que nous fondions beaucoup d’espoirs sur elle. Elle avait enchaîné trois compétitions sans perdre le moindre assaut et avait été retenue pour un tournoi européen. Avec deux autres filles, j’avais donc une équipe cadette qui tenait bien la route. Idem pour mon équipe masculine, toutes les forces ne sont pas présentes. J’avais de bons éléments, oui, mais cette année, ils ne pourront pas s’exprimer.

En coulisse, comment s’organise la formation ?

Nous avons trois entraînements par semaine. Le mardi est réservé aux débutants. Tandis que la salle est bondée les mercredi et vendredi soir pour les leçons collectives. Ces dernières sont essentielles mais j’accorde une plus grande importance aux leçons individuelles. Elles sont le rapport privilégié entre l’escrimeur et son maître. C’est une relation que l’on ne retrouve nulle part ailleurs, mis à part peut-être dans la boxe. C’est par là que passe la progression. Ce qui m’intéresse c’est de savoir qu’à Vichy, je forme mes gamins. Égoïstement, je peux dire que ce sont les miens. Nous sommes pas comme ces clubs qui font venir des éléments de toute la France.

Quelles qualités sont nécessaires pour ce sport ?

Nous entraînons maintenant de 7 à 77 ans. Mais en réalité ce n’est pas vraiment un sport pour les enfants. On l’adapte aux enfants du mieux qu’on peut mais c’est tout. L’escrime est une activité relativement intellectuelle. J’ai entraîné dans cinq sports différents, mais en escrime si un enfant ne suit pas scolairement, il n’aura pas de carrière. C’est un sport extrêmement tactique, qui demande beaucoup d’exigence et de concentration. Bien sûr, ce n’est pas une science exacte. Il ne faut par exemple pas se fier au physique car il se travaille. Donc pour moi, il faudrait un enfant qui ait de la tête et de l’envie. Il n’y a pas besoin d’être Usain Bolt. Les qualités foncières se travaillent et s’adaptent. Après, comme dans de nombreux sport, c’est la volonté qui fait la différence.

Comment évolue le nombre de licenciés ?

Nous sommes en légère régression, comme tout le domaine associatif d’ailleurs. Nous sommes montés jusqu’à 90 licenciés, ce qui est énorme. Mais à l’époque j’étais plus axé sur l’escrime artistique. Nous comptions 30 licenciés en artistique, contre 60 en sportif. Ce qui nous permettait de faire beaucoup de chorégraphies, quasiment plus que de compétitions. Nous restons un des plus gros clubs en terme d’effectif, avec près de 70 licenciés. Mais je n’en veux pas plus car en étant tout seul, c’est difficile de tout gérer.

Quelles sont vos ambitions, vos projets ?

Concernant l’escrime artistique, nous avons un beau projet en collaboration avec l’Opéra de Vichy. Nous travaillons une très grosse production sur le chevalier de Saint-Georges (Compositeur franco-africain). Un spectacle de musique classique qui est prévu pour le premier week-end de juillet.

Jean-Paul Chevalier, maître d'armes à Vichy

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Projet du Domaine de la Cour : La filière équestre partagée

Le projet de pôle équestre à Bellerive, porté par la communauté d’agglomération Vichy Val d’Allier, avance. Mais il ne fait pas que des heureux. Elus et protagonistes de la filière équestre sont divisés.

Favorable au projet du Domaine de la Cour, l’ancien maire de Cusset, Joseph Bléthon, aujourd’hui président des Journées équestres de Vichy est favorable à ce projet de pôle équestre à Bellerive. Il est suivi par Robert Maury, propriétaire de structure équine du côté de Servilly. En tant que président du comité régional d’équitation et du conseil régional du cheval d’Auvergne, il est un fervent défenseur du projet.

D’après Joseph Bléton, cela pourrait dynamiser et développer la filière. «  On pourrait organiser des ventes avec des professionnels » imagine-t-il.
De son côté, Robert Maury en fait une étape indispensable à la survie de la filière, affirmant que « cet outil est un vrai besoin pour la région ».

Les opposants, eux, se sont rassemblés l’été dernier afin de rendre leur voix plus audible. Ils sont propriétaires de centres équestres (il y en a 5 dans l’agglomération vichyssoise) et ont créé l’association régionale des professionnels de l’équitation d’Auvergne. Et c’est notamment le coût de l’opération qui les révolte.
« Par rapport à la région, 10 millions d’euros, c’est trop, c’est un budget énorme pour un équipement qui n’aura pas sa place » s’insurge-t-on chez les propriétaires.

Ces derniers s’interrogent aussi sur les risques d’une concurrence qui pourrait, dans le futur, devenir déloyale. Une accusation que réfute Robert Maury : «1,8 million d’euros ont été investis dans le projet par la filière et une garantie de non-concurrence pour les professionnels locaux a été obtenue. »

Joseph Bléton, quant à lui, explique que les autres centres équestres sont davantage orientés vers la formation, l’apprentissage alors que le Domaine de la Cour, lui, est plus tourné vers des compétitions d’un autre calibre dont le niveau est situé largement au dessus des compétences des clubs.

Infos en bref

Le Domaine de la Cour s’étend sur 62 hectares

Financement. Le coût estimé du projet est de 10 millions d’euros : 2 M d’euros d’euros pour l’Etat ; 2,5 M d’euros pour la Région ; 500.000 euros pour le Conseil général ; et les fonds Eperon ont été sollicités. Les autres 5 millions devront être financés par le gestionnaire privé. De son côté, VVA devra payer un loyer chaque année. De 300 000 à 400.000 euros dans le meilleur des cas.

La durée des travaux devrait être d’une année.

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Des chevaux mais pas que

L’hippodrome de Vichy-Bellerive est implanté sur les berges de l’Allier depuis 1875. Au fil des années, il est devenu un haut lieu des courses hippiques. Un site qui est souvent connu des spécialistes mais qui reste plus confidentiel auprès du grand public. Depuis quelques années, la Société des Courses de Vichy Auvergne*  qui gère l’hippodrome s’est engagée dans une politique de diversification.

L’hippodrome de Vichy-Bellerive est l’un des plus compétitifs de France.

L’hippodrome de Vichy-Bellerive est l’un des plus compétitifs de France.

Les chevaux rentrent dans les boxes, les entraîneurs veillent au bon déroulement des opérations. Il est un peu plus de midi trente à l’hippodrome de Vichy-Bellerive quand l’entraînement se termine.  « Ici, nous disposons de bons moyens, la piste est sélective ce qui permet aux meilleurs chevaux de s’exprimer », confie Yves Boiteau, entraîneur et usager du site depuis de nombreuses années. Bien sûr, les  spécialistes du monde hippiques sont les principaux utilisateurs des infrastructures mais depuis peu ils ne sont plus les seuls.

De nombreux autres événements

Avec une superficie de 53 hectares et une capacité d’accueil de 15 000 places, l’hippodrome peut recevoir tous types d’événements. D’octobre à avril  et les jours « hors courses », il tente de diversifier ses activités : « En 2008, nous avons accueilli la Coupe du monde de montgolfière », indique Adelise Roche,  directrice de la communication et du marketing de la Société des Courses de Vichy. Une diversification qui n’est pas limitée au monde sportif.

En effet,  une entreprise peut  louer l’hippodrome pour des soirées, des apéritifs… Une prestation  rendue possible   par  l’offre hôtelière du site. Outre les  structures sportives, l’établissement dispose d’un restaurant et d’une brasserie, on peut même y dormir (une centaine de lits).

Une ouverture qui s’explique par un contexte morose. Ainsi, c’est dans cette optique que l’hippodrome   à besoin de séduire un nouveau type de clientèle : « Nous souhaitons  accueillir les familles et leur faire découvrir un univers champêtre et convivial » argumente Henry Roussignhol le directeur technique de la Société des Courses de Vichy Auvergne.  Selon lui, « l’hippodrome offre une multitude de possibilités et de découvertes s’insérant parfaitement dans le paysage touristique et écologique ».

Quand  diversité rime avec compétitivité !

Malgré cette stratégie,  l’hippodrome ne veut pas  en oublier sa fonction première.  Un peu plus de 40 réunions, soit 300 courses, sont organisées de mai à septembre. Tous ces événements sont d’ampleur nationale. Une concentration de courses  qui  est possible grâce aux infrastructures du site Vichyssois peu accueillir trois types de disciplines (trop, galop, obstacles). Des spécificités qui  lui permettent de se classer juste derrière les hippodromes parisiens.

*La Société des Courses de Vichy Auvergne est une association de la loi 1901. Elle obtient de nombreuses subventions de la part des collectivités territoriales (mairie de Vichy, Vichy Val d’Allier…).

A savoir :

La saison 2012 ouvrira le 10 mai prochain et se clôturera à la mi-septembre.

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