Le club de plongée de Vichy-Bellerive est le plus important du département de l’Allier. Moulins, Lapalisse, Saint-Pourçain,… De nombreux irréductibles de ce sport n’hésitent pas à faire une heure de route pour venir s’entraîner au bassin aquatique de Bellerive.
Le club, anciennement le Yacht Club de Vichy, fête ses 25 ans d’existence. Celui qui comptait au départ une quarantaine de membres, accueille aujourd’hui en son sein 150 plongeurs. En cinq ans, l’effectif a augmenté de 40%. Une évolution qui n’est pas près de s’affaiblir. « Certaines personnes étaient même placées sur liste d’attente par manque de places », affirme Michel Bianchi, l’ancien président du club. En effet, la plongée, qui était auparavant réservée aux militaires et aux forces de l’ordre, se démocratise de plus en plus. Une popularisation que soutient Noël Pernette, l’actuel président du club. Il souhaite favoriser l’accessibilité de ce sport à quiconque. La plongée est encore estampillée d’une image pour le moins négative et elle reste qualifiée de sport onéreux. « Nous voulons permettre à n’importe quelle personne de plonger. C’est pourquoi nous emmagasinons un important matériel au club », rappelle le président. La politique du club se veut donc conviviale, participative et égalitaire.
Sur les 150 membres, un quart a passé des diplômes d’enseignement. « C’est vraiment une activité à plein temps. Pour ma part, je gère une vingtaine de personnes qui sont intéressées par l’apnée », déclare Cédric Moreau, un moniteur du club depuis près de 20 ans. Tous ces amoureux des fonds marins peuvent s’entraîner jusqu’à deux fois par semaine au stade aquatique de Bellerive. Et après s’être préparés physiquement et techniquement, les plongeurs effectuent de nombreuses sorties chaque année. Ils se rendent à l’étang de Thau près de Sète, aux calanques de Marseille et même en Espagne pour les quatre jours de l’ascension. Des expéditions qui contribuent à souder les membres entre eux et qui restent le final tant attendu de tout plongeur. Pour Michel Bianchi, la plongée sous-marine reste une discipline très apaisante : « Quand on ressort d’une plongée, on est détendu. On respire mieux. Mais cela reste un sport physique ».
Le club de Vichy-Bellerive se porte donc à merveille et maintient coûte que coûte son autosuffisance. Le président, qui a des projets plein la tête, compte le développer dans les années à venir. Une section enfants de 8 à 14 ans va certainement voir le jour (si le club trouve un créneau horaire correspondant à la demande). De plus, certains moniteurs du club se forment au handisport. Noël Pernette a une réelle volonté de vulgariser la plongée en Auvergne. Ce qui est tout à son honneur.
J’ai testé pour vous… la plongée !
Je suis arrivée au stade aquatique de Bellerive, un peu stressée, je dois l’avouer. N’ayant jamais plongé, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Mais l’accueil très chaleureux des membres du club a très vite fait redescendre ma tension. Après avoir enfilée mon maillot de bain retrouvé au fin fond d’un tiroir (hiver oblige), je me dirige vers la piscine avec les autres plongeurs. Ces derniers sont venus en nombre ce soir, près de quarante ont répondu à l’appel. C’est Michel, dit « Frisette », ancien président du club, qui est mon initiateur. Il me donne des palmes, un gilet puis un masque. « Il faut qu’il épouse parfaitement la forme de ton visage pour que l’eau ne rentre pas », me dit-il. Je bois ses paroles. « Frisette » ramène ensuite des bouteilles d’oxygène au bord de l’eau. Surprise par leur importante taille, je lui demande leur poids : « 15kg chacune ». Je hoche la tête sans trop montrer mon inquiétude. Il faut dire que je n’ai pas vraiment la carrure d’un rugbyman… Je m’imagine, déjà, emportée par la masse des bouteilles au fond de la piscine. Une image terrifiante. Ayant remarqué mon angoisse, Michel me lance : « Mais tu verras dans l’eau, on ne sent plus le poids ». Me voilà à moitié rassurée.
Le matériel prêt, mon initiateur du jour m’explique les procédures à suivre, les signes pour communiquer dans l’eau, les choses à ne pas faire… « Si on descend bas et que d’un coup tu remontes en catastrophe, tes poumons peuvent exploser », me lance-t-il. Sur le coup, j’ai peur. Mais il me précise que ce phénomène ne se produit pas à moins de six mètres de profondeur. Ouf… Trêve de bavardages, il est temps de rentrer dans le feu de l’action. Je rentre dans l’eau, légèrement froide, j’enfile le gilet surmonté de la bouteille d’oxygène. Le masque sur le nez, les cheveux en arrière, je mets le détenteur dans ma bouche. Il paraît que c’est le moment le plus délicat pour tout novice en la matière : respirer pour la première fois sous l’eau à l’aide d’une bouteille d’oxygène.
Je suis les commandements de Michel et j’immerge ma tête. Bon, ce n’est pas si compliqué que ça… Alors, on commence à faire quelques longueurs. Je plonge, toujours accompagné de mon initiateur en cas de problème. La bouteille d’oxygène, si lourde soit-elle, complique un peu mon immersion. J’ai du mal à rester à plat, tant le poids des cylindres me fait virevolter dans tous les sens. Alors après avoir fait quelques tours sur moi-même, j’arrive à me stabiliser avec l’aide de Michel. Et là, je comprends enfin pourquoi autant de personnes se pressent aux portes de ce club. Je me sens légère. Une réelle sensation de liberté m’envahit. Et il est vrai que je ne sens plus les 15kg de matériel présents sur mon dos. Même si mes oreilles me font un peu mal, je prends beaucoup de plaisir sous l’eau. J’observe les autres nageurs, la structure du bassin. On a vraiment le temps d’apprécier l’environnement qui nous entoure. Bon ici, ce n’est qu’une simple piscine de trois mètres de fond, pas de quoi jubiler ! Malgré tout, je ne voulais plus la quitter : « Allez Michel, encore un aller-retour ». Après avoir passé une bonne heure dans le bassin, qui s’était petit à petit vidé de ses plongeurs, il fallait que l’on sorte. Cette expérience fut très agréable. Je ne regrette pas de m’être jetée à l’eau !


Le « turntablism » ce mot imprononçable qui pourrait presque paraître grossier n’est en réalité rien de plus malsain qu’un genre musical. Pour les plaintes linguistiques c’est 



